RDC : Tshisekedi promet de limiter « strictement » la présence de l’armée ougandaise dans l’Est

Le Président congolais Félix Tshisekedi a promis de « limiter strictement » la présence de l’armée ougandaise (UPDF) dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) où elle s’est déployée depuis fin novembre, pour des opérations conjointes contre les rebelles des Forces démocratiques alliés (ADF).

S’adressant à la Nation, devant les deux chambres du parlement réunies en congrès, le président Tshisekedi a d’abord assuré que le parlement avait préalablement été informé avant le déploiement des troupes ougandaises dans le territoire de Beni, frontalier avec l’Ouganda.

« Je veillerais à limiter au temps strictement nécessaire à ces opérations, la présence de l’armée Ougandaise sur notre sol », a promis le Président congolais, affirmant que face à ce groupe armé accusé d’une vague de massacres ayant fait des milliers de morts depuis 2014, il était « plus que nécessaire de mutualiser nos forces » avec l’Ouganda.

Bien avant le déploiement des troupes étrangères, Tshisekedi avait décrété, six mois plus tôt, un état de siège consacrant la gestion des provinces du Nord – Kivu et de l’Ituri par des officiers supérieurs de l’armée et de la police.

Sous cette mesure « nos forces armées ont progressivement réussi à bouger les lignes et à reprendre plusieurs bastions jadis occupés par l’ennemi », a indiqué Tshisekedi.

S’adressant à ceux qui critiquent ces mesures contre l’insécurité, le Président a appelé à « rejoindre le camp de la patrie », fulminant au passage contre « ceux qui se nourrissent du malheur de la population de l’Est ».

Le Président a remercié les députés et sénateurs pour avoir répondu positivement à son « appel de ralliement dans une union sacrée de la nation » ayant consacré le basculement de la majorité parlementaire pro (Joseph) Kabila à sa cause en 2020.

Mais trois ans après son arrivée au pouvoir, il a reconnu que « la situation de nos compatriotes n’est pas reluisante. Beaucoup de ménages peinent à nouer les deux bouts du mois et n’ont pas accès aux services sociaux de base tels que l’eau, l’électricité, le soin de santé et le transport ».

Pour ce qui est de la commission électorale nationale indépendante (Ceni), dont les nouveaux animateurs ont été installés en octobre dernier, le Président a appelé les acteurs “qui traînent encore les pieds à désigner rapidement leurs représentants”.

Trois postes réservés à l’opposition menée par son prédécesseur sont restés vacants.

L’opposition conteste l’actuelle configuration de la Ceni, dont la plénière est dominée par des politiques, en dépit du fait que sa présidence soit pilotée par un délégué des confessions religieuses.

Tshisekedi a réaffirmé son engagement pour des élections en 2023, aux termes de son premier quinquennat. Au passage, il a encore réaffirmé sa détermination à “poursuivre les réformes courageuses dans le secteur de la Justice”.

Le Président issu du parti historique d’opposition, [Ndlr … UDPS] s’est déjà prononcé pour un deuxième mandat.

Ses détracteurs l’accusent d’avoir pris le contrôle de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale (CENI).

Lassaad Ben Ahmed