Prix de la photo d’Istanbul : une « motivation majeure » pour les photojournalistes

Sergei Stroitelev, lauréat du 1er prix dans la catégorie Story Portrait, a reçu son prix au bureau de l’Agence Anadolu à Istanbul

Le Prix de la photo d’Istanbul est une « motivation majeure » pour les photojournalistes qui souhaitent poursuivre leur carrière, selon le photojournaliste russe Sergei Stroitelev, qui a remporté le premier prix cette année dans la catégorie « Story Portrait ».

Stroitelev, photojournaliste indépendant, s’est vu remettre le prix – un appareil Canon – au bureau de l’Agence Anadolu à Istanbul des mains de la photographe primée de l’agence, Elif Ozturk.

S’exprimant sur ses impressions, Stroitelev a déclaré à l’Agence Anadolu que le fait de remporter le prix de la photographie d’Istanbul était une « motivation majeure » qui lui apportait « une visibilité internationale » ainsi que « de nombreux nouveaux contacts ».

Soulignant que voir son travail apprécié par un « grand jury » composé de ses « références » est « un tel honneur », il a déclaré : « C’est une si grande motivation pour continuer à travailler ».

Le photojournaliste russe s’est dit surpris d’apprendre qu’il avait remporté le prix « car j’ai déjà été lauréat de ce concours il y a quelques années, et je ne pensais pas qu’il était possible de gagner deux fois. »

« C’était vraiment surprenant, et un grand honneur bien sûr », a-t-il déclaré.

Stroitelev a déclaré que ses collègues lui avaient déjà parlé du prix de la photo d’Istanbul, ajoutant : « Beaucoup de mes collègues ont déjà été candidats. »

** Le lien le plus fort

Le travail de Stroitelev, intitulé « Le lien le plus fort », porte sur des femmes de Tchétchénie et du Daghestan dont les enfants sont partis rejoindre le groupe terroriste Daech, et dans lequel les photos de leurs proches disparus sont superposées aux figures de leurs mères et à leur environnement.

Expliquant l’histoire derrière les photographies, Stroitelev a déclaré : « Lorsque j’étais en mission pour un journal russe au Daghestan, trois mères sont venues me voir. Elles m’ont dit que leurs filles avaient disparu quelque part dans le (territoire) de Daech et que personne ne s’en occupait. »

« Je me suis vraiment intéressé à la question et j’ai décidé de permettre à ces femmes de s’exprimer », a-t-il ajouté.

Il a déclaré que la partie la plus difficile était de parvenir à trouver ces femmes et les persuader d’être photographiées, ajoutant que certains parents l’ont aidé à trouver d’autres mères qui sont prêtes à parler.

« La troisième épreuve a été une épreuve psychologique », a-t-il dit, expliquant que les femmes pleuraient en racontant leur histoire.

« C’est un défi pour tout photographe de travailler sur ce genre de sujets », a-t-il ajouté.

** Être photographe indépendant​​​​​​​

Interrogé sur ses expériences en tant que photojournaliste indépendant, il a déclaré : « Lorsque je suis allé à Maidan (Ukraine) en 2014, j’ai commencé à travailler en free-lance. J’ai documenté la révolution ».

« J’ai réalisé que je comptais faire de la photographie toute ma vie, car je me suis rendu compte que le photojournalisme a tellement de pouvoir et qu’il est l’instrument parfait pour sensibiliser aux problèmes », a-t-il affirmé.

Précisant qu’il ne vit pas actuellement en Russie, il a donné le conseil suivant aux jeunes photojournalistes indépendants : « N’abandonnez pas. »

Il a ajouté que, même s’il y a des moments où il n’y a pas assez d’argent pour continuer le travail, il y a aussi de « grands moments », comme celui où vous recevez « un prix aussi prestigieux ».

* Cette année, le concours a été soutenu par Canon, l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA) et la compagnie aérienne nationale Turkish Airlines (THY). Outre les prix en espèces, les gagnants du premier prix de toutes les catégories recevront cette année un appareil photo Canon.

Les informations relatives au jury de 2022 et aux photographies primées sont accessibles sur le site web : www.istanbulphotoawards.com.

Rabia İclal Turan *Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj