Mathilde Panot appelle la France à retrouver la « voix indépendante » sur la question israélo-palestinienne

La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale a déploré l’absence d’appel au cessez-le-feu ou encore du mot « paix », dans les communiqués de l’Élysée et de la Diplomatie française.

La présidente du groupe La France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a appelé, ce mardi, l’Exécutif français à retrouver la « voix indépendante » sur la question israélo-palestinienne.

Lors de la séance de questions au gouvernement, la députée LFI a d’abord exprimé la solidarité de son parti avec « les peuples israéliens et palestiniens [qui] souffrent encore une fois ».

« Je souhaite, depuis cette Assemblée, exprimer une pensée emplie d’humanité pour les otages, les civils tués en Israël par les actes de terreur perpétrés par le Hamas ainsi que pour les civils qui, à Gaza, sont tués sous les bombes de Tsahal », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Nous condamnons tous ces crimes de guerre ».


– Responsabilité de la communauté internationale

La législatrice de gauche a ensuite appelé la communauté internationale à la responsabilité pour permettre la paix au Proche-Orient alors que les combats se poursuivent depuis samedi entre des factions palestiniennes et l’armée israélienne.

« Un seul message doit parvenir du concert des nations en cette heure si grave, une heure qui n’est en rien propice aux polémiques franco-françaises », a-t-elle déclaré alors que les députés Les Républicains quittaient l’hémicycle et que le Gouvernement français, ainsi que le Rassemblement national (RN) appelle La France Insoumise à qualifier le Hamas de « groupe terroriste ».

« Un seul message doit parvenir du concert des nations : « Cessez le feu ! », a souligné Mathilde Panot, rappelant qu’il s’agit du « message qui nous vient du Secrétaire général des Nations unies [Antonio Guterres], du Pape », ou du Président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva qui préside actuellement le Conseil de sécurité des Nations unies.

« Cessez le feu, car le pire est à prévoir, quand le ministre de la Défense israélien assiège Gaza en privant deux millions de civils d’eau, d’électricité et de nourriture », a souligné Mathilde Panot, décrivant cette décision de « violation du droit international contre laquelle la France ne peut rester silencieuse ».

« Nous n’avons eu autant besoin du courage de la paix que dans ces moments » a-t-elle ajouté, estimant que la communauté internationale a laissé la situation s’envenimer depuis « trop longtemps ».


– La position de la France

Déplorant l’absence d’appel au cessez-le-feu au Proche-Orient ou encore du mot « paix », dans les communiqués de l’Élysée et de la Diplomatie française, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale a estimé la France « rompt avec la tradition diplomatique qui est la [sienne] au Proche-Orient depuis 65 ans », d’une solution à deux États et d’une équidistance diplomatique avec la Palestine et Israël.

« Il nous faut œuvrer au rétablissement d’un processus de paix qui mène à deux États, sans quoi les horreurs passées s’amplifieront non seulement des atrocités présentes, mais aussi des désastres à venir », a-t-elle souligné avant d’ajouter qu' »aucune paix durable ne peut voir le jour sans respect du droit international et sans mettre fin à la colonisation » israélienne des territoires palestiniens.

En conclusion de son discours, la députée LFI a interrogé la Première ministre Élisabeth Borne.

« Alors, Madame la Première ministre, allez-vous retrouver la voix indépendante qu’a toujours portée la France, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac ; la voix de la France qui quand elle parle est écoutée ; la voix de la France qui fait entendre la parole de la paix et ne s’aligne pas sur les positions va-t-en-guerre d’un gouvernement d’extrême droite ; la voix de la France qui ferre et affirme que toutes les vies comptent sans exception ? La France, Madame la Première ministre, va-t-elle retrouver la langue de la paix ? », a-t-elle questionné.

– Situation au Proche-Orient


Pour rappel, samedi à l’aube, le Hamas et d’autres factions palestiniennes à Gaza ont lancé l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », en réponse aux « attaques continues des forces israéliennes et des colons contre le peuple palestinien, ses biens et ses lieux saints, en particulier la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée ».

De son côté, l’armée israélienne a lancé l’opération « Epées de fer » et continue de lancer des raids intensifs contre de nombreuses zones de la Bande de Gaza, habitée par plus de deux millions de Palestiniens qui souffrent de conditions de vie détériorées en raison du blocus israélien en cours depuis 2006.

Mardi, le ministère de la Santé de la Bande de Gaza a annoncé que le bilan palestinien était passé à 830 morts, dont au moins 140 enfants et 105 femmes, suite aux raids israéliens continus pour la troisième journée consécutive, selon les médias hébreux.

Le journal israélien Haaretz a rapporté que le nombre de morts israéliens s’était élevé à plus de 1 000 et que le nombre de blessés qui ont été transférés vers les hôpitaux était de 2 806, depuis l’escalade militaire avec les factions palestiniennes à Gaza samedi.

Ümit Dönmez