Finale de la Ligue des champions : Le préfet de police de Paris reconnaît « un échec »

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a reconnu jeudi devant le sénat, « un échec » dans l’organisation de la finale de la Ligue des champions au stade de France.

« N’éludant pas mes responsabilités, j’essaie de regarder avec la plus grande lucidité possible ce qui s’est passé autour du Stade de France ce soir-là : c’est à l’évidence un échec, car des personnes ont été bousculées et agressées », a-t-il concédé devant la commission d’enquête sénatoriale.

Le préfet a en outre présenté ses « regrets sincères » aux supporters anglais et espagnols dont la soirée a été gâchée par les événements survenus aux abords du stade.

Il assure néanmoins que « les décisions prises étaient les seules qui pouvaient garantir l’intégrité physique » tout en déplorant le fait que « des personnes de bonne foi ont été gazées, parfois même des familles » et s’est dit « désolé » même « s’il n’y avait pas d’autres moyens ».

« Pour diminuer la pression de la foule sur les grilles et les tourniquets, (…) nous avons utilisé du gaz lacrymogène, seul moyen pour faire reculer une foule, sauf à la charger. Je l’assume totalement », a-t-il par ailleurs lancé.

Il regrette également que « des personnes ont été bousculées ou agressées alors que nous leur devions la sécurité » et que « l’image du pays a été ébranlée ».

Auditionné par le Sénat dès le 1er juin pour s’expliquer sur ce désastre, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait reconnu « un usage disproportionné de gaz lacrymogène » aux abords du site.

« Il y a deux signalements sur des gestes de policiers. J’ai vu deux faits où l’utilisation du gaz lacrymogène était contraire aux règles et j’ai demandé des sanctions », avait-il fait savoir.

Le ministre, entendu pour détailler le dispositif de maintien de l’ordre déployé pour cette soirée historique avait néanmoins estimé, qu’à certains endroits, l’usage de gaz lacrymogène utilisé pour disperser la foule « a permis de sauver des gens de l’écrasement ».

Il avait en outre débuté son audition en concédant « que l’image négative de ce match est une blessure pour l’image nationale » et que « les choses auraient pu être mieux organisées ».

Toutefois, Gérald Darmanin a constamment chargé les supporters britanniques dont il explique que « les débordements et difficultés n’ont eu lieu que devant (leurs) tribunes ».

Pour rappel, le match opposant Liverpool au Real de Madrid en finale de la Ligue des champions a été retardé d’une demi-heure après que des incidents de sécurité ont été enregistrés aux abords du stade de France.

Des milliers de personnes, pourtant munies de billets, n’ont pas pu accéder au stade tandis que d’autres, ont bravé les barrières de sécurité et pu entrer sans aucun ticket.

Sur de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les supporters, dont de jeunes enfants.

Pas moins de 105 personnes ont été interpellées en marge de l’événement, dont des pickpockets, et autres vendeurs de faux billets.

Les images de scènes de chaos et des charges policières ont fait, dès le lendemain, la Une de la presse nationale comme internationale.

Fatma Bendhaou