Espagne : le leader du Parti Populaire échoue dans sa première tentative de former un gouvernement

Au lieu de négocier, Alberto Nunez Feijoo a choisi de durcir sa position contre les séparatistes

Le leader du Parti populaire conservateur espagnol, Alberto Nunez Feijoo, a échoué dans sa première tentative de former un gouvernement, ce mercredi.

Il avait besoin du soutien d’une majorité absolue des 350 députés. Or, en additionnant le soutien de son Parti populaire, du parti d’extrême droite Vox, d’un parti des îles Canaries et d’un parti de Navarre, il n’a recueilli que 172 voix en sa faveur.

Le grand bloc des partis régionaux et de gauche a voté contre lui.

Au cours des heures de débat qui ont précédé le vote, il était évident que Feijoo allait perdre le vote.

Comme l’a souligné Aitor Esteban, du parti basque PNV, si Feijoo concluait un accord avec les partis basques ou catalans, qui jouent le rôle de faiseurs de roi, le parti d’extrême droite Vox ne le soutiendrait pas. Mais tant qu’il conclut un pacte avec Vox, les partis basques et catalans resteront à l’écart.

Feijoo l’a accepté et, au lieu de négocier avec les partis basque et catalan, il a durci sa position à l’égard des séparatistes.

Lors du débat de mardi, il a déclaré que s’il était élu, il inscrirait la « déloyauté institutionnelle » dans le code pénal et alourdirait les peines pour détournement de fonds, un délit auquel sont actuellement confrontés certains hommes politiques catalans.

« La seule chose qu’il propose pour résoudre les problèmes nationaux est de jeter de l’huile sur le feu, d’ajouter un article au code pénal et d’augmenter le nombre de tribunaux », a déclaré Esteban.

Le Premier ministre espagnol par intérim, Pedro Sanchez, qui négocie avec les partis séparatistes, a de meilleures chances de former un gouvernement. Mais il n’est pas certain que son bloc cède aux demandes d’amnistie pour les politiciens catalans condamnés pour la campagne indépendantiste de 2017.

Sanchez n’a pas débattu avec Feijoo et a qualifié sa tentative d’investiture de « perte de temps ».

Feijoo fera face à un autre vote vendredi, où il devra bénéficier du soutien d’une majorité simple. Au vu des résultats et du débat de mercredi, cette issue semble très peu probable.

« En tout état de cause, aucun des membres de mon groupe n’aura à voter contre ses principes », a déclaré Feijoo en concluant le débat.

Alyssa Mcmurtry *Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj